Et puis la Tunisie entre dans le cadre...
Invité le 15 avril 2026 à la Maison de la Chimie, en plein Paris politique, pour la remise du trophée de la Personnalité Automobile de l’Année 2025 à Christophe Périllat, patron de Valeo, je pensais assister à une cérémonie bien huilée, avec discours calibrés, applaudissements disciplinés et petits fours sous contrôle. J’ai bien eu tout cela. Mais j’ai surtout découvert autre chose : un dirigeant qui parle déjà de la voiture définie par logiciel comme d’un virage industriel concret, une filière française qui cherche encore sa colonne vertébrale face à la Chine et à la tech, et, au détour d’une prise de parole venue de Tunisie, une piste de réflexion que je n’avais pas vu venir.
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La vraie surprise, pour moi, arrive pourtant à la fin. Ou plutôt, juste avant le moment où l’esprit commence à envisager sérieusement une sortie discrète vers l’air libre. Myriam Elloumi prend la parole. Et soudain, le cadre s’élargit.
Je connaissais, bien sûr, la montée en puissance du Maroc dans l’automobile, sa trajectoire industrielle, sa capacité à attirer des usines, ses succès devenus presque classiques dès qu’on parle de compétitivité industrielle au sud de l’Europe. En revanche, je n’avais pas pris la mesure du discours tunisien sur le sujet. Et c’est là que la soirée a cessé d’être simplement instructive pour devenir franchement stimulante.
Car ce que raconte aujourd’hui la TAA, ce n’est pas seulement l’histoire d’un pays qui veut grappiller quelques investissements en jouant la carte du coût. C’est un discours beaucoup plus structuré sur la Tunisie comme hub industriel et technologique, entre l’Europe et l’Afrique, avec une main-d’œuvre qualifiée, une volonté de montée en gamme, une intégration dans les chaînes de valeur mondiales et un objectif assumé de capter davantage d’investissements automobiles. La TAA martèle d’ailleurs ce positionnement dans ses communications récentes, en insistant sur l’innovation, la durabilité et l’attractivité industrielle du pays. Myriam Elloumi, élue à la présidence de l’association pour le mandat 2024-2027, incarne précisément cette ligne.
Et là, il se passe quelque chose d’intéressant. Alors que la soirée semblait d’abord raconter la consécration d’un industriel français dans un décor très parisien, elle finit par ouvrir une fenêtre bien plus vaste sur la compétition internationale qui vient. Non seulement la Chine est déjà là. Non seulement l’Europe doute encore de ses instruments de défense et de sa stratégie industrielle. Mais, en plus, d’autres territoires travaillent, méthodiquement, à se rendre indispensables dans la nouvelle carte automobile mondiale.
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Benoît Alves - larevueautomobile.com
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